Recette : mes yaourts "maison" ... de feignasse !

Salut tout le monde !
Ouh là, un sacré bout de temps que je n'étais pas venue ici ! Presque on pourrait croire que le blog a pris la poussière, que j'ai oublié le Zéro Déchet, je me cache car je suis revenue à une vie décadente !
Ben non.
En fait, je n'ai rien écrit depuis un an, tout simplement car, comme je le disais dans le post précédent, je suis sur un projet de roman. Comme tu ne poses pas la question, je te réponds quand même : ça avance bien. J'ai écris 200 pages, balancé 150, recommencé ... heureusement que je n'écris pas sur papier, ce serait horrible ! J'ai multiplié les déchets de mots, mais comme c'est du virtuel, ça compte pas.

Côté ZD, ben la vie suit son cours. Fils est rentrée à l'école, donc je me suis retrouvé avec plein de déchets scolaire dans ma poubelle, et puis il  a fallu que je dise aux maîtresse/ATSEM/animateurs que non, je ne donnerai pas de mouchoirs en papier, ni de lingettes, et que, s'il se fait pipi dessus, merci de ne pas mettre le sale dans un sac poubelle, j'ai un sac en tissu spécialement dédié à ça ! Voilà ... Les gens comprennent, ou ne comprennent pas, bref ! 
Il n'y a eu que peu de changements. Toutefois, il y a un mois, j'ai enfin trouvé comment m'épargner un déchet qui avait du mal à quitter ma maison, j'ai nommé : le pot de yaourt en verre et son opercule en aluminium dégueu !

Car des yaourts, Fils en consomme par hectolitres ! Galère, donc, de s'en passer ! Bon, tu me diras, le pot en verre, ça se recycle, surtout qu'avant de le mettre à la borne on peut le refiler aux centres de loisirs et à l'école, c'est bien, on peut faire plein d'activités avec ; et l'opercule, ben c'est sur, ça va à la poubelle, hein, mais bon, oh ! c'est pas la place que ça prend !
Mais si. Moi, ça me perturbe. Je me suis donc décidée à faire mes propres yaourts.

Sauf que, aha ah ! Le challenge c'était de les faire sans yaourtière car, vois tu, je ne veux pas acheter de machine, ça prend de la place, ça fait un déchet supplémentaire; tout ça ... 
Alors j'ai testé un première recette qui a complètement foiré, où il fallait les faire cuire au four à 40° pendant deux heures. Ça a foiré car mon four de Barbie ne fait pas 40°, le minimum c'est 75°, donc autant te dire qu'il était peu probable que ça fonctionne. J'ai eu du lait caillé, point.

Donc bon, je vais sur internet, je regarde différentes recettes, mais à chaque fois, soit il faut un four, soit il faut une cocotte (que je n'ai pas), donc je me lamente un peu, jusqu'à ce que je tombe sur une nana qui dit les faire en les enveloppant dans un couverture et en les laissant sur un radiateur, ou au soleil.
Et d'en déduire que l'idée, pour que le yaourt prenne, c'est qu'il faut qu'il reste à la chaleur le plus longtemps possible (et qu'en plus de ne chauffer qu'à 75° minimum, mon four à moi se refroidit extrêmement rapidement un fois éteint)
J'en suis donc arrivée à ma recette de de yaourts "maison" de feignasse, que je te livre dès à présent, en exclusivité, exprès pour toi :

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Pour faire 8/9 yaourts (avec moi c'est plutôt 9, j'utilise les anciens pots de La L*******) il te faut :

Ingrédients :

- 1 litre de lait ENTIER, bio (c'est mieux) (un jour, j'arriverai à en trouver direct producteur sans brique en carton, mais ce jour n'est pas arrivé)
 -1 yaourt nature, bio (c'est mieux, toujours) (pour faire ta première fournée t'en achètes un du commerce, mais après tu peux utiliser un de ceux que tu as fait pour la fournée suivante)

Et .... c'est tout. Non, je n'achète pas de poudre de lait, c'est pas ZD, ça m'intéresse pas. Et ça marche très bien sans.

Coût de la recette : 0.98 centimes de litre de lait + 0.80 centimes le yaourt, ça te fait grosso merdo les 9 yaourts à 1.78€. C'est genre moins cher que le premier prix. Voilà voilà ...
En plus, pour la faire, tu utilises très très peu de ressources énergétiques, donc le coût est pratiquement nul côté électricité/gaz.

Passons au matériel ! Car pour cette recette, tu vas voir, il te faut du matériel de pro !

- Une casserole
- Un saladier
- Un fouet/fourchette
- Un chinois
- Une louche

- Des pots de yaourts (en verre/terre, c'est mieux)
- De quoi fermer les pots (moi j'ai découpé des petits ronds dans du tissu et je maintiens avec un élastique)

- Un plat assez haut que tu peux fermer (une cocotte ira très bien, moi j'ai un vieux plat en pyrex avec un couvercle. On s'en fout, l'important c'est que ça ferme)
- Une couverture (et j'en avais pas, donc j'ai utilisé une serviette de bain et mon Bombers militaire du Débarquement de 44)
- Une bouillotte

Et maintenant, la recette ! Ou, comment procéder ?

D'abord, tu fais chauffer ton litre de lait tout seul dans une casserole, à feu moyen, jusqu'à ébullition (donc comme c'est du lait, tu surveilles, hein ! Tu te barres pas plier le linge en attendant ...)
Quand le lait est à ébullition (tu le sais parce que ça monte), tu retires du feu, tu couvres avec ton torchon de Mémère et tu attends que ça refroidisse, pendant environ 20 minutes.
20 minutes plus tard, donc, à peu près (j'ai pas calculé exactement), tu vérifies la température, qui doit être entre 37° et 40°, mais comme je n'ai pas de thermomètre et qu'on peut très bien s'en passer, tu trempes ton doigt dedans, et tu dois pouvoir tenir 3/4 secondes sans que ça brûle.
A ce moment là, tu prends ton yaourt, tu le vides dans un saladier, et tu le bats un peu avec ton fouet, ou une fourchette, ça marche aussi.
Tu y ajoutes ton lait chaud en le passant à travers un chinois, ou un filtre, on s'en fiche, c'est pour enlever les petites peaux qui restent.
Là, tu mets à chauffer ta bouillotte (j'ai une bouillotte à eau, donc je fais bouillir - et avant que tu ne te poses la question, sache que je réutilise sans arrêt la même eau pour ma bouillotte, j'évite donc d'en gaspiller des litres ; je ne sais pas ce que ça donne avec celles qui passent au micro-ondes mais ça doit marcher aussi - sinon, tu mettras ta préparation sur un radiateur, ou sur un four encore chaud, bref, sur une source de chaleur quelle qu'elle soit)
Avec ta louche, tu remplis les petits pots, tu les fermes, tu les mets dans ton plat/cocotte, que tu fermes aussi. Puis, tu mets cette préparation sur la couverture/serviette, tu mets la bouillotte dessus, tu enroules le tout (là moi je ré-enroule tout ça dans le manteau) et tu laisses reposer toute une nuit (en ayant commencé ta préparation vers 18h, hein, sinon tu laisses toute la journée)

Et le lendemain, tu vas voir, c'est magique, tes yaourts ont pris ! Because Science ! Tu n'as plus qu'à les laisser refroidir minimum quatre heures au frigo, car les yaourts chauds, c'est pas terrible.
Après, ben, tu les manges, et c'est bon !

Sur ce, à dans un an ! (ou pas)

Végé-racisme

Hey you !
Depuis ce weekend, mon fils est malade.
Alors rien de grave, non, juste un état grippal. Ça n'était jamais arrivé. Cet enfant a bouffé de l'anticorps maternel pendant 15 mois, il est donc un genre de mutant capable de résister à la plupart des infections. Mais voilà, on est jamais à l'abri du virus fourbe qui traine chez la nounou et qui profite sournoisement d'un manque de vigilance de la part de globules blancs partis prendre le café, pour s'insinuer insidieusement dans le jeune organisme encore fragile.
N'est ce pas ?

Mais bref, si je te dis ça, c'est, d'une part, par pur plaisir de raconter ma vie (sinon je ne ferai pas de blog), mais aussi parce que la crève de mon fils m'a permis de constater récemment l'inanité incommensurable, que dis-je, le gouffre sans fond de consternation et d'absurdité dans lequel je vis au quotidien. Et de pousser un petit coup de gueule.
Sache, lecteur, que ma vie est dure. Car mon père est ... mon père, voilà.
Tu as eu un aperçu de mon père (que je maintiens aimer, parce que c'est une manière pour mon subconscient d'affronter la douloureuse réalité, je ne m'en cache pas, et je m'évite par là même dix ans de thérapie onéreuse et peu efficace) à Noël, entre la bouffe et et les cadeaux, tu as vu de quoi mon existence était faite.
Sache aussi que, chose positive, il a enfin compris que je ne mangeais plus de viande, et, depuis, il n'a de cesse de me faire des réflexions à ce sujet, à grand coup  de : "Et tes protéines ? Et ta vitamine B12 ? Et tes PROTEINES ?"
Mais là, on a atteint le summum :

- Allô ma fille ?!! Bon, je t'appelle parce que j'ai pas d'accès internet et il faut que tu souscrives à un abonnement à ma place parce que j'ai la flemme de le faire !!
(Note que mon père s'exprime automatiquement avec deux points d'exclamation à la fin de ses phrases, même quand il murmure)
- ... Ok 
(Oui, je suis faible à ce point là)
- Super !! Bon, ça va toi ?!!
- Fils est malade.
- Ah merde !! Il a quoi ?!!
- Un état grippal. Trois fois rien, c'est juste qu'il est chiant et qu'il veut pas bouffer.
- Ah, normal quand on est malade !! T'as qu'à lui faire jambon-nouilles, ça passe tout seul !!
- ... Oui, voilà, on fait des pâtes ce soir...
- C'est bien, des pâtes avec du jambon !!
- ... Oui enfin sauf qu'on met pas de jambon (mais avec un peu de  soja, de légumes et une sauce qu'il aime bien)
- Quoi ?!! T'as pas de jambon ?!!
- Ben non.
- Mais va au Leclerc en acheter !! C'est pas fermé !! T'achètes une tranche de jambon, tu sais, ils en font des individuelles emballées !!
(Note aussi que le concept du zéro déchet est pas encore super bien intégré ...)
- Non mais Papa, on mange plus de viande, tu sais, je te l'ai dit.
- Ouais mais là c'est pas pareil, c'est du jambon !!
- ... 
- T'es pas en train de me dire que tu vas priver le petit de jambon quand même ?!!
(Comprendre : je suis une mauvaise mère indigne, coupable de la pire des mesquineries, la fange, la lie de la société, je ne mérite pas le titre de mère)
- Ben si. On en a pas, il en mange pas, j'irai pas en acheter exprès.
- Mais t'es conne !!
- ... C'est possible.
- Oui, t'es CONNE !! C'est encore pire que chez les arabes !!
- ...
(Franchement, que répondre à ça ?)

Tu vois, entendre des trucs pareils me plonge parfois dans la consternation la plus totale. Heureusement, je dois avoir une partie du cerveau atrophiée pour ne pas prêter trop longtemps attention à ce genre de conneries, sinon je pense que je me serais depuis longtemps ouvert les veines avec mon stylo plume. Je ne peux même pas être vexée, en plus, auquel cas je serais coupable de n'avoir aucun humour. This is real life.
Aussi, après un post qui fait du bien, et qui équivaut, dans ma tête, à un hochement d'épaules fataliste vis à vis de l'adversité du monde, je vais continuer à avancer tant bien que mal, parce qu'il le faut bien, et puis aussi parce que je dois avoir un allèle mutant sur un de mes chromosomes, qui fait que, telle la mauvaise herbe, je m'entête à pousser dans l'adversité.
Sinon, je ne donne pas beaucoup de nouvelles en ce moment, je sais, je plaide coupable, j'accepte votre sentence Messieurs le Jurés, mais, par pitié, tout sauf une chanson de Louane !
Ma vie zéro déchet se passe bien ; on a pas sorti la poubelle depuis Noël, et le dernier sac de recyclage (de 60 litres) s'est rempli en deux mois, là où, avant, il fallait un mois. Dans la poubelle, on a surtout le papier du beurre, ce qui ne fait pas grand chose, c'est sûr, et les opercules de pots de yaourts en verre que consomme le fils. Le galet de shampoing solide marche très bien. On est contents de nous, et ça fait du bien de se le dire et de se taper sur l'épaule, de temps en temps. 
Pour le reste, mon beau frère me trouve plus zen, et plus belle parce qu'apparemment j'ai maigri, mais j'en ai un peu rien à foutre de son avis donc bon ...
Si je suis un peu absente, c'est parce que je suis partie sur un projet qui me tient à coeur depuis un moment, à savoir l'écriture d'un roman (qui ne sera pas écolo, ni zéro déchet, ni végé, ni rien, encore que je me suis rendue compte que je n'étais pas foutue de ne pas en parler au moins un peu aaaaarrrghhh, que va en penser mon psy ???)
Pour le moment, j'ai véritablement écrit 50 pages, mais je les ai ensuite j'ai virtuellement foutues en l'air, car j'ai eu une meilleure idée que ce que j'avais, donc j'ai retravaillé mon contexte et mon histoire, fait des recherches, développé mes personnages ... ça te donne l'impression que je fais quelque chose, sauf qu'en réalité ça se résume à ça :

(Et encore, je t'épargne le côté légèrement autiste de qui s'arrache la lèvre à force de réfléchir)


Sur ce, la conne te salue. 

Recette : le shampoing solide

Et coucou !
Tu veux voir mon shampoing ?
Non, franchement, en plus, si tu suis un peu mon blog, tu sais que je n'en utilise plus. Je n'ai pas shampouiné ma chevelure depuis la date de mon anniversaire, le 18 Octobre dernier (et, en passant, je te glisse l'info pour que tu y penses l'année prochaine, vise comme c'est subtil !)
Ma routine capillaire, désormais, c'est : le premier dimanche de chaque mois, un mouillage des cheveux suivi d'application d'une pâte à base de bicarbonate de soude, puis rinçage au vinaigre de cidre (deux bouchons dans un verre d'eau). La semaine suivante, je fais un shampoing sec à base de fécule de maïs, et ça me tiens bien 15 jours. Si besoin, je fais un masque à l'aloe vera que je laisse sécher avant de brosser (c'est très efficace pour laver mes cheveux), mais j'ai remarqué que ma chevelure avait de moins en moins besoin d'interventions de ma part et qu'elle s'en sort très bien par elle même.
Il faut dire aussi que je la brosse tous les jours, pour enlever les poussières et répartir le sébum. Mes cheveux ont bien poussé depuis le mois d'août, où j'avais une coupe très courte ; maintenant, ils m'arrivent au bas de la nuque.

Mais bref, je ne vis pas seule, j'ai, dans ma maison, deux hommes, un petit et un grand, qui apprécient le bonheur de se shampouiner le poil de tête une fois par semaine.
(Soit dit en passant, mes efforts zéro déchet en matière de gestion de l'eau ont été récompensés, puisque je viens de recevoir ma facture rectificative, et qu'en plus d'être remboursée de 200€, je ne vais plus payer que 10€ d'eau par mois.)
J'ai donc réalisé un petit shampoing solide pour ces messieurs, ce qui a l'avantage de supprimer le dernier flacon qui demeurait dans ma salle de bains, mais aussi de durer trois fois plus longtemps qu'un shampoing traditionnel.
Voici donc la recette. Pour la réaliser, je me suis inspirée de la base de ce blog. ce qui est bien, c'est que les mesures sont assez approximatives et basiques, c'est pas comme les macarons ou la cire au sucre, genre si tu foires d'un demi degré c'est foutu. Et en plus, c'est juste une base, à toi après de mettre les ingrédients que tu veux pour avoir un shampoing vraiment adapté à la nature des cheveux et des soins que tu veux apporter.
Attention, techniquement, cette recette n'est pas zéro déchet, ni même naturelle, car les ingrédients qui sont nécessaires sont emballés ; de plus, le SCI, l'ingrédient principal, est quand même un produit chimique, et même s'il est sain et sans danger car issu de la sulfuration de l'huile de coco, on ne peut pas franchement dire que ce soit un produit naturel. Mais comme j'en avais en stock de ma vie d'avant, et que je ne voulais pas jeter ...
Ici, j'ai voulu un shampoing très hydratant pour les cheveux crépus de mon homme, mais qui convient aussi à Fils et ses cheveux de bébé.

Temps de préparation : 10/15 minutes de cuisson, suivies de 30 minutes de congélation.
Coût de la recette : pour un pain de 80gr, comptez à peu près 5€ (rapport au coût de chaque ingrédient séparé, divisé par les doses utilisées)

Ingrédients :
- 50 gr de SCI (Sodium Coco Isethionate) --> Solidifie la préparation et donne la mousse
- 8 gr d'eau
- 5 gr de beurre de karité
- 8 gr d'huile d'avocat
- 8 gr de shikakai
- 10 gouttes de vitamine E (conservateur)
- 5 gouttes d'HE d'Ylang Ylang 

Préparation :
- Faites fondre au bain marie le SCI avec le beurre de karité et l'huile. Remuez régulièrement pour faire adhérer l'ensemble.
- Hors du feu, ajoutez le shikakai, la vitamine E et l'huile essentielle. Mélangez bien le tout pour avoir une préparation homogène.
- Versez la préparation dans un moule, puis placez au réfrigérateur 30 minutes.
- Démoulez, et laissez sécher.

C'est prêt !

Hey, mais SALUT !

On est le 29 Janvier, alors je me suis dit que j'allais venir voir par ici pour te faire un petit coucou. Surtout que je ne t'ai pas souhaité la bonne année, et je suis sûre que tu es vexé (un peu)
Bon, franchement, pour être honnête, souhaiter la bonne année, ça me gave un peu. Déjà parce que, pendant un mois, t'entends toujours la même chose, "et du bonheur, hein, et de l'argent, oui, mais surtout, la santé, hein, surtout la santé !" Bah oui.
Et ces mots, à peine prononcés, on les oublie parce que, sérieusement, tout le monde s'en fout, de ton bonheur, de ton argent et de ta santé.
Alors moi, je n'ai aucune envie de vous dire des trucs que je ne pense pas, surtout qu'à mon humble avis, 2016 n'a aucune raison d'être meilleure que 2015 : on va continuer à polluer, on va continuer à gaspiller, à jeter, on va continuer à être irresponsables, on va continuer à s'entendre dire qu'on ne peut rien y faire, qu'on ne peut pas changer, bref, on va continuer à s'en foutre. Et à côté de ça, on va s'étonner qu'il fasse 22° à Ludon Médoc un 22 décembre.
Voilà.
Donc, pour cette année 2016, amis zéro déchets, j'ai surtout envie de vous souhaiter bien du courage, putain, parce qu'il va encore en falloir, et pas qu'un peu !

Et sinon, Flo, tu racontes quoi ?
Alors depuis mon dernier billet, en novembre, y a encore eu quelques changements dans ma vie (en même temps c'est un peu le principe, sinon tu vis pas, t'es mort). Déjà, il a fallu que je m'attaque à un sujet de taille : mon premier Noël Zéro Déchet. Haha. Quand t'as un gosse, petit qui plus est, c'est, genre, un super défi, tu vois. Pas spécialement parce que le gosse est chiant : à deux ans et demi, il est pas encore suffisamment rentré dans le système. Et comme on a toujours pris le parti de lui dire la vérité et de pas le pourrir, pour le moment il est assez cool, il est content de sa vie.
Par exemple, nous, on fait pas de liste au Père Noël, parce que, merde, le Père Noël, c'est un sale pédophile de chez Coca Cola et que non, chéri, maman ne laissera jamais de vieux monsieur rentrer la nuit dans la maison, même pour déposer des jouets. Maman t'aime et te protège, chéri. Et tes parents t'offrent un cadeau à Noël parce qu'ils t'aiment et qu'ils ont envie de te faire plaisir.
T'as entendu, j'ai bien dit "UN" cadeau. Quel est intérêt, honnêtement, d'en avoir 12000 ? le plaisir de crâner devant les autres parce qu'on aura fait la pile la plus haute ? Celui d'encombrer la maison de merdes en plastique avec lesquelles il jouera une fois ? celui de raquer tellement de pognon qu'on sera obligés de bouffer des pâtes à l'eau jusqu'à la fin février ?
Donc on s'est dit, avec l'Homme, qu'il n'y aurait qu'un cadeau, et on est allés lui acheter un lot de livres aux Emmaüs, parce qu'il adore les livres, qu'il commençait à en avoir marre des siens et qu'il a épuisés ceux de la bibliothèque. On en a eu pour 6€, avec un emballage en tissu, et il était content.

Côté bouffe, depuis que j'ai arrêté la viande, le poisson et les produits laitiers et que je songe très sérieusement à me passer d'oeufs et de miel, ce que l'Homme vit moyennement bien, il a fallu trouver des alternatives, ce qui, somme toute, est relativement simple, sauf pour les oeufs et le miel, parce que sans déconner, j'adore ça. Mais j'y arriverai ; fin 2016, j'espère pouvoir vous dire que je suis devenue complètement végane et que je ne produit plus aucun déchet, et pourquoi pas ? faut bien y croire.
Donc pour le réveillon, pour me faire plaisir, mon amoureux m'a préparé un repas végane, il a pris sur lui (parce que lui, ça lui pose aucun problème de manger des cadavres, mais ça lui en pose quand même un de polluer, donc y a un levier à faire jouer la dessus ...), et, franchement, c'était super bien, pour un fois, d'avoir un réveillon de Noël qui ne soit pas morbide et sanguinolent de viande morte et où on ne s'est pas couchés avec les dents du fond qui baignent.
Alors oui, à la maison, c'est Monsieur qui cuisine, puisque j'ai la sale habitude de merder absolument tout ce que j'entreprends, côté culinaire (apparemment j'arrive à peu près à être correcte au pieu, donc ça sauve ...)
Bref, repas végane et très simple : pas d'algues nori sautées avec un espuma de quinoa, parce que l'idée, c'était aussi de rester dans le zéro déchet et de ne pas dépenser exprès pour Noël.
Il m'a donc fait un genre de hachis parmentier avec les légumes de notre maraicher : pommes de terre, carottes, courge butternut et en remplacement la viande par des lentilles corail. pas de beurre, évidemment, ni de lait, ni de fromage , mais huile d'olive et brisures de pain aux graines pour faire la chapelure.
Et c'était super bon. Si tu veux, il m'a dit que j'aurais le droit de poster la recette ici. Ca veut dire que je vais devoir ajouter une section cuisine, donc ça attendra un peu (c'est pas comme si c'était compliqué, mais je suis un peu feignasse, je suppose que tu l'auras compris).

Donc on a passé un super Noël, et tout va bien dans le pays de Joyeux-Joyeux.
MAIS.
Car il y a un mais.
Dans la vie, l'enfer (du zéro déchet, du végétalisme, de TOUT) c'est les autres.
Les autres, à savoir mon père.
Alors j'adore mon père, hein, là n'est pas la question. Mais il est pas du tout sensible à mon mode de vie, il s'en balance, il est dans l'optique "après moi, le déluge", donc tenter de lui faire comprendre ne serait ce que de respecter mes choix revient, à peu près, à vouloir apprendre à lire à une huître (entreprise où je connaitrais probablement davantage de succès).
Pis alors, si encore il s'en foutait mais disait rien ... mais non. Il se marre, il provoque, et il a, à ce sujet, à peu près autant de subtilité qu'un marteau piqueur en train de violer une poule.
Je répète que j'adore mon père. Vraiment. Mais :

Premier chapitre : Les cadeaux.
"Bon, ma fille, il veut quoi le petit pour Noël ?
- Rien Papa.
- Mais si ! Faut qu'il ait des cadeaux, c'est Noël, hein ! Tu vas pas commencer à me gonfler avec tes conneries écolo, Noël, c'est important, c'est la magie !
(Déjà qu'il avait pas digéré le fait qu'il n'y aurait pas de de Père Noël ...)
- Non mais je t'assures papa, il a besoin de rien, il a plein de jouets (je fais des roulements au centre de loisirs). Si tu veux, il  a un compte en banque...
- Il veut des voitures ? Des camions ? des ballons ? des motos ? des avions ?
(T'as remarqué, toi aussi, qu'en plus mon père s'en branle totalement que je tente de donner à mon fils une éducation non sexiste ? et en plus, il écoute pas ce que je dis ...)
- Non mais papa ...
- Il peut pas ne pas avoir de jouets, Flora. C'est important de jouer.
Là, tu fait face à un choix : soit tu t'entêtes, il va rien écouter, il va ramener un truc que tu ne veux surtout pas chez toi, soit tu lâches un peu du lest et tu peux essayer de limiter la casse sur le jouet qui va pénétrer ta demeure.
- ... Bon, à la rigueur, tu peux peut être lui prendre deux trois petits animaux, il aime bien ça, en ce moment, les éléphants et les crocodiles (si t'en trouve en bois, ils en font à liddl...)
Résultat : deux cartons géants en plastique de jouets chinois en plastique fait par des enfants pour des enfants représentant vaguement des animaux ... soupir. Pour ce qui est de limiter la casse, c'est carrément, mais alors carrément loupé. Epic Fail.
Me ferait pas avoir, pour l'anniversaire en juillet, je ne plierai pas (plus) ; il a un compte en banque, mon drôle, merde !
Pis le plus drôle, c'est que quand il a vu ma tête devant les emballages, il m'a sorti un truc, genre : "Ah oui, mais là t'as pas le choix, ma fille, c'est pas ma faute si c'est emballé".
Parce que t'as cherché des jouets qui ne le sont pas ?

Deuxième chapitre : La bouffe.
"Bon, alors on se fait quoi pour Noël ?"
- Oui, alors tu sais, papa, je mange plus de viande...
- Je peux ramener du foie gras, bien sûr, pis du saumon, mais alors j'hésite entre de la volaille ou du gibier.
- ... mais j'ai dit que je mangeais plus de viande ...
- Mais j'ai la flemme un peu. J'ai envie de simplicité, Flora.
- ... AH ?
- Donc on va faire une raclette.
Oh putain ! Putain ! Putain ! Bon ... restons zen, on va dire que l'avantage avec la raclette, c'est que lui peut bouffer sa charcuterie pendant que je me ferai fondre des carottes avec du tofu. Tout le monde fait un peu ce qu'il veut, avec la raclette. Y a moyen que ça le fasse.
- Ah oui, papa, c'est pas mal, la raclette, c'est même carrément bien, parce que, tu vois, si Jade et Abdelouahid ils viennent, il ramèneront leur viande à eux, aussi, c'est mieux pour tout le monde.
Bon, au final, ma soeur et son mari sont pas venus, parce que mon père a pas voulu comprendre que quand on est musulman et qu'on ne fait pas Noël, c'est un peu délicat de .... comment dire ? de fêter Noël. Bref !
Jusqu'à deux jours avant, je me disais que j'avais réussi : avec la raclette, je le laissai gérer sa viande, je me faisais un plein de légumes et j'achetais en vrac au Biocoop et youpi tralalala au pays de Joyeux-Joyeux !
Mais que nenni :
"Bon ma fille, en fait on fera pas raclette."
- ... Mais. Mais ! Mais pourquoi ?
- Parce que j'ai acheté trop de bouffe pour le resto, donc il m'en reste plein et faut pas gâcher. Donc on va manger les restes.
Oh merde ....
- Voilà, donc je ramène du foie gras, de la souri de cerf à l'Armagnac, des pommes Dauphines et des bûchettes au chocolat. Mais t'inquiète pas, y aura rien à faire, tout est sous vide, y a plus qu'à réchauffer !
Tuez moi ...
Le 24 Décembre, je m'étais dit que j'arriverai à être zéro déchet et végétalienne. le 25 décembre, je mangeais du cadavre en tentant de ne pas y penser, et je sortais ma poubelle.

Mais sinon, ça va.
Quand mon père n'est pas là, on arrive à gérer. Plutôt bien, même. L'arrêt des produits animaux, ou en tout cas le fait de limiter drastiquement leur consommation a bien fait baisser notre budget bouffe et le volume du sac de recyclage.
Côté courses, en prenant le bus devant le boulot pendant mes heures de libre, je peux retourner à la Recharge à Bordeaux, ce qui facilite grandement ma vie du côté réduction des déchets : j'ai donc arrêté les commandes Internet pour le savon et les brosses à dents, et je remplis directement là bas mon bidon de vinaigre, ma bouteille d'huile, mon bocal de miel,  de cristaux de soude et de bicarbonate. Je pense y aller à peu près tous les deux mois, du coup : en prenant le bus, ça me revient moins cher que commander sur Internet, je pollue moins et je limite également mes déchets recyclables/verre.
Pour les courses hebdomadaires de bouffe, on a définitivement abandonné les grandes surfaces, on fait tout au Biocoop et au maraîcher de Majolan pour les légumes.
En déchet poubelle, il reste le papier du beurre, parce que, si moi je veux devenir végé, l'Homme, lui, n'y est pas prêt du tout. Donc en attendant le déclic ...
J'ai aussi arrêté de fabriquer nombre de produits cosmétiques : de toutes les recettes que j'ai pu poster sur ce blog, je n'ai gardé que celle du dentifrice. Je me lave au savon, et je ne me fais plus de shampoing. Pour hydrater, j'utilise de l'huile végétale ou du beurre de karité.
Les seuls produits que que je continue de faire sont le nettoyant multi usages, la lessive (que je fais maintenant en poudre) et la poudre pour le lave vaisselle. Pour la vaisselle à la main, j'utilise simplement un bloc de savon.
Ceci dit, j'ai fait, la semaine dernière, un shampoing sec "maison" pour l'homme et Fils, qui continuent de se laver les cheveux de cette manière. Je n'avais pas prévu de le faire, puisqu'on peut acheter du shampoing solide en vrac  la Recharge, mais en regardant mes stocks d'ingrédients cosmétiques, je me suis apperçue que j'avais du SCI (Sodium Coco Isethionate). J'avais dû acheter ça il y a longtemps, je ne me rappelle même plus pourquoi, et je ne m'en étais pas servi. Du coup, comme c'est un ingrédient nécessaire à la fabrication des shampoings solides, j'ai préféré l'utiliser plutôt que de le jeter, surtout que j'avais sous la main tout le reste des ingrédients pour faire du shampoing. Pour la recette, je me suis inspirée de la base du blog de Nouillemie, et je te la posterai dans un prochain billet.

Et voilà pour les nouvelles ! J'espère que tu vas bien, et surtout, BON COURAGE !!!

Divers et d'histoires ... de Poils

Salut toi !

Allez, j'entame ce mois de Novembre plus ZD et motivée que jamais. L'état de ma dernière poubelle m'enchante : de septembre à octobre 5 litres, et à peine 3 kilos sur la balance (pour les déchets non compostables et non recyclables).
Pour le recyclable, on est à environ 60 litres par mois (mais on a pas pesé ...), et pour le verre, 5kg par mois.
On y tient on y tient !
Dans la liste des bonnes choses qui ont eu lieu, on  a :

- Trouvé un maraicher juste à côté du boulot, qui fait le panier de légumes frais à 6 euros les 6 articles (de 1 kg). On en redemande ! Alors il est pas estampillé "bio", mais il est clean sur sa production, et ses légumes sont juste extra. La chose à savoir : on ne choisi pas ses légumes, ça change en fonction de la semaine, de la saison, de ce qu'il a pu récolter. Mais c'est ça qui est bien, on fait avec ce qu'on a et on redécouvre de nouvelles saveurs. Avec, on a fait des tas de recettes, et, genre, la soupe pommes de terre/potiron du soir quand il fait froid, c'est juste "té-ti-tieu" (comme dirait Fils)
Et c'est carrément zéro déchet, parce qu'il te prépare tout ça dans une cagette en bois, que tu lui rends la fois d'après. D'ailleurs, on est, pour le moment, les seuls à lui rendre, ses autres clients les jettent (les moches), et il nous a avoué être très content qu'on lui ramène, ça lui éviterait d'en racheter.
Pour plus d'infos, vous pouvez aller voir ici
En plus, j'ai eu ses deux enfants au centre il y a 4 ans, c'est rigolo (oui, tu t'en fous, mais moi ça me plait)

- Viré pour de bon tous les trucs en plastiques de la salle de bains. J'ai fait des folies, certes, mais des folies éco responsables. J'ai, par exemple, troqué ma brosse à ongles en plastique contre une en bois. Idem pour le peigne à poux, le peigne et la brosse à cheveux. Et j'ai investi dans une lime à ongles en verre, pour remplacer le coupe ongles.
Maintenant, il ne reste, comme plastique, dans la salle de bains, que le flacon de shampoing fait maison. Mais dès qu'il est fini, l'homme et fils passeront au shampoing solide (de mon côté ... vous verrez plus loin ^^)

- Continué mon tri des objets inutiles chez moi. J'ai notamment viré mes enceintes pour Ipod/Iphone, que j'ai donné au centre de loisirs où je travaille. Les animateurs étaient très contents, car tout ce qu'on avait, c'était de vieux postes de radio de l'an 40. A la place des enceintes que je n'ai plus, mon homme m'a montré un procédé zéro déchet et totalement gratuit : quand tu veux écouter de la musique qui provient de ton téléphone, suffit de placer ce dernier dans ... une tasse ! ou un mug, ou un verre ... ça amplifie le son d'une façon tout à fait géniale !
Alors, peut être que vous le saviez déjà, mais moi, j'ai eu l'impression de faire une découverte, je me suis émerveillée pendant deux jours (oui, il m'en faut peu)
J'ai aussi fait du tri dans mes huiles essentielles pour ne garder que celles que j'utilise vraiment. J'ai partagé entre ma soeur et ma copine Sarah et, pour ce que j'en sais, elles en ont été bien contentes.
Et j'ai viré quelques fringues aussi. Mon dressing (pour cet hiver) se compose aujourd'hui de 19 pièces (sans compter les chaussures et les manteaux).

- Découvert une géniale recette de lessive en poudre ici. Je ne l'ai pas encore réalisée, j'attends de finir celle que j'ai pour le moment. Disons que ça ferait économiser de l'eau.

Mais comme on peut toujours progresser, j'ai pris quelques résolutions pour le mois à venir.

- Trouver un primeur local/bio (ou presque) pour les fruits, car j'en ai ras le bol du supermarché.
- Tester le nouveau Day by Day qui a ouvert rue Fondaudège à Bordeaux. Ca implique de motiver l'homme pour se rendre en ville ... :-/
- Virer les plastiques de la cuisine et des WC, cette fois. Ma liste d'achat : une brosse à vaisselle en bois, des gants en latex naturels, un balai WC en bois.

Et on va commencer par là, ce sera déjà pas mal.
L'autre nouvelle dont je voulais vous faire part, c'est que j'ai retenté l'Objectif Zéro Shampoing que j'avais déjà essayé cet été, sans autre résultat, au bout d'un mois, qu'une chevelure grasse et terne.
Mais cette fois ci, je suis heureuse de vous dire que ça fait un mois que je n'ai pas fait de shampoing, et que tout se passe pour le mieux : mes cheveux sont souples, doux, brillants et ils sentent bon. Mes amis et collègues m'en ont d'ailleurs fait la remarque, et c'est d'autant plus satisfaisant que, recommençant l'aventure alors que je travaille, je craignais un peu certaines réactions.
Mon succès tient à plusieurs choses :
- J'ai enfin pigé comment utiliser le shikakai. J'en mettais pas assez, en fait. Pour un bon résultat, je mets 4 cuillères à café bien bombées dans de l'eau (+ 4 gouttes d'HE d'Ylang Ylang). Je mouille la chevelure, je mets la mixture, je laisse poser le temps de me savonner, puis je rince.
- Je fais, après ce rinçage, un rinçage au vinaigre de cidre (2 bouchons dilués dans un verre d'eau froide)
Je fais ça le dimanche, donc une fois par semaine depuis 1 mois. Mais je vais essayer d'espacer davantage, progressivement (arriver à une fois toutes les deux semaines, puis une fois tous les mois)
- Je brosse avec une brosse en poils de sanglier, tous les jours.
- J'ai découvert la fécule de maïs pour faire des shampoings secs (environ 1 fois toutes les deux semaines, quand je vois que mes cheveux ne tiendront pas jusqu'au prochain shikakai). Je mélange une cuillère à café de fécule et une cuillère à café de cacao en poudre, et j'applique sur ma chevelure avec les doigts. Je laisse poser 10 minutes avant de brosser énergiquement.
La fécule, c'est franchement mieux que l'argile, ça laisse pas de film poisseux sur les cheveux derrière ! avec ça, les cheveux sont vraiment propres et souples.
Bref, je continue l'aventure, mais ça se passe bien, à tel point que je pense que je vais enfin réussir cet objectif ! (contente)

Last but not least, toujours sur mes poils, j'ai pris la ferme résolution de ne plus : ni m'épiler, ni me raser nulle part.
Pour info, ma dernière épilation remonte au 25 août dernier. J'ai tellement foiré mes cires au sucre que, lasse, je suis allée chez l'esthéticienne, où j'ai passé une heure à attendre et 30 minutes à souffrir, pendant qu'on arrachait ma toison de partout, tout ça pour, après deux jours de démangeaisons, avoir des poils incarnés, des boutons, des irritations, et j'en passe.
Donc, ras le bol.
En plus, techniquement, je me vante d'être féministe, et voilà que je me forçais à me mutiler pour correspondre à ce que la société attend d'une femme. Complètement absurde !
Me voilà donc partie à laisser librement ma fourrure pousser. Deux mois, presque et demi, plus tard, verdict : non, ça ne pique pas, non ça ne gratte pas, non, ça ne sent pas mauvais et oui, je suis toujours en couple.
En fait, je trouve que ma fourrure régule extrêmement bien ma transpiration ; je peux donc me passer de déodorant (même si je n'utilisais que du bicarbonate). C'est au tout début que ça gratte, car effectivement ça repousse et ce n'est pas agréable, mais la sensation passe une fois que les poils ont atteint une certaine longueur.
Et l'homme, ben il s'en fout. Dans les tous les cas, mon corps ne lui appartient pas, mais il m'a avoué me trouver plus érotique avec ma toison ; même qu'il m'a dit qu'auparavant, le fait que je me promène en débardeur sans manches ne l'intéressait pas tant que ça (ça fait petit fille, qu'il m'a dit) alors que maintenant, avec ma jolie fourrure sous les aisselles il trouve ça trèèès suggestif ... et ça lui donne certaines idées ! ;)
Finalement, le plus dur et de devoir s'habituer à vivre avec ses poils, car je me les enlevais depuis près de 17 ans. Ca fait beaucoup de temps,  mais je me soigne ; dimanche dernier, je suis même sortie me promener en jupe avec mes jambes velues, j'ai croisé les voisins, et personne ne m'a rien dit. En même temps, peut être ont ils été trop gênés pour le faire, mais qu'importe : ce n'est plus moi qui souffre mille morts pour rentrer dans un cadre soi disant esthétique.
 
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ne plus s'enlever les poils et ne plus s'épiler ne veut pas dire qu'on ne prend plus soin de soi. Depuis que j'ai pris ces décisions, je me trouve, au contraire, plus attentive et respectueuse envers mon corps. Je brosse mes cheveux tous les jours, je leur apporte des soins en faisant attention à ce que je mange et en ne mettant plus de cochonneries dessus. Pour ma fourrure, elle a été tellement maltraitée pendant de longues années sur je pense qu'il va falloir du temps avant qu'elle retrouve tout son soyeux. Du coup, je nourris régulièrement les parties de mon corps où pousse de la toison, avec de l'huile d'avocat ou du beurre de karité, ou de l'aloe vera.
Je brosse tout mon corps également, chaque soir, avec une brosse douce en soie. Ce brossage du corps me permet d'enlever toutes les petites peaux mortes et les poussières, et ma peau a, après, une douceur sublime, on dirait une peau de bébé. Ca ne me prend pas longtemps, le soir, devant mon bouquin avec une tisane ou du lait d'amande, et c'est véritablement le moment de détente de la journée.
Il m'en faut peu.