Hey, mais SALUT !

On est le 29 Janvier, alors je me suis dit que j'allais venir voir par ici pour te faire un petit coucou. Surtout que je ne t'ai pas souhaité la bonne année, et je suis sûre que tu es vexé (un peu)
Bon, franchement, pour être honnête, souhaiter la bonne année, ça me gave un peu. Déjà parce que, pendant un mois, t'entends toujours la même chose, "et du bonheur, hein, et de l'argent, oui, mais surtout, la santé, hein, surtout la santé !" Bah oui.
Et ces mots, à peine prononcés, on les oublie parce que, sérieusement, tout le monde s'en fout, de ton bonheur, de ton argent et de ta santé.
Alors moi, je n'ai aucune envie de vous dire des trucs que je ne pense pas, surtout qu'à mon humble avis, 2016 n'a aucune raison d'être meilleure que 2015 : on va continuer à polluer, on va continuer à gaspiller, à jeter, on va continuer à être irresponsables, on va continuer à s'entendre dire qu'on ne peut rien y faire, qu'on ne peut pas changer, bref, on va continuer à s'en foutre. Et à côté de ça, on va s'étonner qu'il fasse 22° à Ludon Médoc un 22 décembre.
Voilà.
Donc, pour cette année 2016, amis zéro déchets, j'ai surtout envie de vous souhaiter bien du courage, putain, parce qu'il va encore en falloir, et pas qu'un peu !

Et sinon, Flo, tu racontes quoi ?
Alors depuis mon dernier billet, en novembre, y a encore eu quelques changements dans ma vie (en même temps c'est un peu le principe, sinon tu vis pas, t'es mort). Déjà, il a fallu que je m'attaque à un sujet de taille : mon premier Noël Zéro Déchet. Haha. Quand t'as un gosse, petit qui plus est, c'est, genre, un super défi, tu vois. Pas spécialement parce que le gosse est chiant : à deux ans et demi, il est pas encore suffisamment rentré dans le système. Et comme on a toujours pris le parti de lui dire la vérité et de pas le pourrir, pour le moment il est assez cool, il est content de sa vie.
Par exemple, nous, on fait pas de liste au Père Noël, parce que, merde, le Père Noël, c'est un sale pédophile de chez Coca Cola et que non, chéri, maman ne laissera jamais de vieux monsieur rentrer la nuit dans la maison, même pour déposer des jouets. Maman t'aime et te protège, chéri. Et tes parents t'offrent un cadeau à Noël parce qu'ils t'aiment et qu'ils ont envie de te faire plaisir.
T'as entendu, j'ai bien dit "UN" cadeau. Quel est intérêt, honnêtement, d'en avoir 12000 ? le plaisir de crâner devant les autres parce qu'on aura fait la pile la plus haute ? Celui d'encombrer la maison de merdes en plastique avec lesquelles il jouera une fois ? celui de raquer tellement de pognon qu'on sera obligés de bouffer des pâtes à l'eau jusqu'à la fin février ?
Donc on s'est dit, avec l'Homme, qu'il n'y aurait qu'un cadeau, et on est allés lui acheter un lot de livres aux Emmaüs, parce qu'il adore les livres, qu'il commençait à en avoir marre des siens et qu'il a épuisés ceux de la bibliothèque. On en a eu pour 6€, avec un emballage en tissu, et il était content.

Côté bouffe, depuis que j'ai arrêté la viande, le poisson et les produits laitiers et que je songe très sérieusement à me passer d'oeufs et de miel, ce que l'Homme vit moyennement bien, il a fallu trouver des alternatives, ce qui, somme toute, est relativement simple, sauf pour les oeufs et le miel, parce que sans déconner, j'adore ça. Mais j'y arriverai ; fin 2016, j'espère pouvoir vous dire que je suis devenue complètement végane et que je ne produit plus aucun déchet, et pourquoi pas ? faut bien y croire.
Donc pour le réveillon, pour me faire plaisir, mon amoureux m'a préparé un repas végane, il a pris sur lui (parce que lui, ça lui pose aucun problème de manger des cadavres, mais ça lui en pose quand même un de polluer, donc y a un levier à faire jouer la dessus ...), et, franchement, c'était super bien, pour un fois, d'avoir un réveillon de Noël qui ne soit pas morbide et sanguinolent de viande morte et où on ne s'est pas couchés avec les dents du fond qui baignent.
Alors oui, à la maison, c'est Monsieur qui cuisine, puisque j'ai la sale habitude de merder absolument tout ce que j'entreprends, côté culinaire (apparemment j'arrive à peu près à être correcte au pieu, donc ça sauve ...)
Bref, repas végane et très simple : pas d'algues nori sautées avec un espuma de quinoa, parce que l'idée, c'était aussi de rester dans le zéro déchet et de ne pas dépenser exprès pour Noël.
Il m'a donc fait un genre de hachis parmentier avec les légumes de notre maraicher : pommes de terre, carottes, courge butternut et en remplacement la viande par des lentilles corail. pas de beurre, évidemment, ni de lait, ni de fromage , mais huile d'olive et brisures de pain aux graines pour faire la chapelure.
Et c'était super bon. Si tu veux, il m'a dit que j'aurais le droit de poster la recette ici. Ca veut dire que je vais devoir ajouter une section cuisine, donc ça attendra un peu (c'est pas comme si c'était compliqué, mais je suis un peu feignasse, je suppose que tu l'auras compris).

Donc on a passé un super Noël, et tout va bien dans le pays de Joyeux-Joyeux.
MAIS.
Car il y a un mais.
Dans la vie, l'enfer (du zéro déchet, du végétalisme, de TOUT) c'est les autres.
Les autres, à savoir mon père.
Alors j'adore mon père, hein, là n'est pas la question. Mais il est pas du tout sensible à mon mode de vie, il s'en balance, il est dans l'optique "après moi, le déluge", donc tenter de lui faire comprendre ne serait ce que de respecter mes choix revient, à peu près, à vouloir apprendre à lire à une huître (entreprise où je connaitrais probablement davantage de succès).
Pis alors, si encore il s'en foutait mais disait rien ... mais non. Il se marre, il provoque, et il a, à ce sujet, à peu près autant de subtilité qu'un marteau piqueur en train de violer une poule.
Je répète que j'adore mon père. Vraiment. Mais :

Premier chapitre : Les cadeaux.
"Bon, ma fille, il veut quoi le petit pour Noël ?
- Rien Papa.
- Mais si ! Faut qu'il ait des cadeaux, c'est Noël, hein ! Tu vas pas commencer à me gonfler avec tes conneries écolo, Noël, c'est important, c'est la magie !
(Déjà qu'il avait pas digéré le fait qu'il n'y aurait pas de de Père Noël ...)
- Non mais je t'assures papa, il a besoin de rien, il a plein de jouets (je fais des roulements au centre de loisirs). Si tu veux, il  a un compte en banque...
- Il veut des voitures ? Des camions ? des ballons ? des motos ? des avions ?
(T'as remarqué, toi aussi, qu'en plus mon père s'en branle totalement que je tente de donner à mon fils une éducation non sexiste ? et en plus, il écoute pas ce que je dis ...)
- Non mais papa ...
- Il peut pas ne pas avoir de jouets, Flora. C'est important de jouer.
Là, tu fait face à un choix : soit tu t'entêtes, il va rien écouter, il va ramener un truc que tu ne veux surtout pas chez toi, soit tu lâches un peu du lest et tu peux essayer de limiter la casse sur le jouet qui va pénétrer ta demeure.
- ... Bon, à la rigueur, tu peux peut être lui prendre deux trois petits animaux, il aime bien ça, en ce moment, les éléphants et les crocodiles (si t'en trouve en bois, ils en font à liddl...)
Résultat : deux cartons géants en plastique de jouets chinois en plastique fait par des enfants pour des enfants représentant vaguement des animaux ... soupir. Pour ce qui est de limiter la casse, c'est carrément, mais alors carrément loupé. Epic Fail.
Me ferait pas avoir, pour l'anniversaire en juillet, je ne plierai pas (plus) ; il a un compte en banque, mon drôle, merde !
Pis le plus drôle, c'est que quand il a vu ma tête devant les emballages, il m'a sorti un truc, genre : "Ah oui, mais là t'as pas le choix, ma fille, c'est pas ma faute si c'est emballé".
Parce que t'as cherché des jouets qui ne le sont pas ?

Deuxième chapitre : La bouffe.
"Bon, alors on se fait quoi pour Noël ?"
- Oui, alors tu sais, papa, je mange plus de viande...
- Je peux ramener du foie gras, bien sûr, pis du saumon, mais alors j'hésite entre de la volaille ou du gibier.
- ... mais j'ai dit que je mangeais plus de viande ...
- Mais j'ai la flemme un peu. J'ai envie de simplicité, Flora.
- ... AH ?
- Donc on va faire une raclette.
Oh putain ! Putain ! Putain ! Bon ... restons zen, on va dire que l'avantage avec la raclette, c'est que lui peut bouffer sa charcuterie pendant que je me ferai fondre des carottes avec du tofu. Tout le monde fait un peu ce qu'il veut, avec la raclette. Y a moyen que ça le fasse.
- Ah oui, papa, c'est pas mal, la raclette, c'est même carrément bien, parce que, tu vois, si Jade et Abdelouahid ils viennent, il ramèneront leur viande à eux, aussi, c'est mieux pour tout le monde.
Bon, au final, ma soeur et son mari sont pas venus, parce que mon père a pas voulu comprendre que quand on est musulman et qu'on ne fait pas Noël, c'est un peu délicat de .... comment dire ? de fêter Noël. Bref !
Jusqu'à deux jours avant, je me disais que j'avais réussi : avec la raclette, je le laissai gérer sa viande, je me faisais un plein de légumes et j'achetais en vrac au Biocoop et youpi tralalala au pays de Joyeux-Joyeux !
Mais que nenni :
"Bon ma fille, en fait on fera pas raclette."
- ... Mais. Mais ! Mais pourquoi ?
- Parce que j'ai acheté trop de bouffe pour le resto, donc il m'en reste plein et faut pas gâcher. Donc on va manger les restes.
Oh merde ....
- Voilà, donc je ramène du foie gras, de la souri de cerf à l'Armagnac, des pommes Dauphines et des bûchettes au chocolat. Mais t'inquiète pas, y aura rien à faire, tout est sous vide, y a plus qu'à réchauffer !
Tuez moi ...
Le 24 Décembre, je m'étais dit que j'arriverai à être zéro déchet et végétalienne. le 25 décembre, je mangeais du cadavre en tentant de ne pas y penser, et je sortais ma poubelle.

Mais sinon, ça va.
Quand mon père n'est pas là, on arrive à gérer. Plutôt bien, même. L'arrêt des produits animaux, ou en tout cas le fait de limiter drastiquement leur consommation a bien fait baisser notre budget bouffe et le volume du sac de recyclage.
Côté courses, en prenant le bus devant le boulot pendant mes heures de libre, je peux retourner à la Recharge à Bordeaux, ce qui facilite grandement ma vie du côté réduction des déchets : j'ai donc arrêté les commandes Internet pour le savon et les brosses à dents, et je remplis directement là bas mon bidon de vinaigre, ma bouteille d'huile, mon bocal de miel,  de cristaux de soude et de bicarbonate. Je pense y aller à peu près tous les deux mois, du coup : en prenant le bus, ça me revient moins cher que commander sur Internet, je pollue moins et je limite également mes déchets recyclables/verre.
Pour les courses hebdomadaires de bouffe, on a définitivement abandonné les grandes surfaces, on fait tout au Biocoop et au maraîcher de Majolan pour les légumes.
En déchet poubelle, il reste le papier du beurre, parce que, si moi je veux devenir végé, l'Homme, lui, n'y est pas prêt du tout. Donc en attendant le déclic ...
J'ai aussi arrêté de fabriquer nombre de produits cosmétiques : de toutes les recettes que j'ai pu poster sur ce blog, je n'ai gardé que celle du dentifrice. Je me lave au savon, et je ne me fais plus de shampoing. Pour hydrater, j'utilise de l'huile végétale ou du beurre de karité.
Les seuls produits que que je continue de faire sont le nettoyant multi usages, la lessive (que je fais maintenant en poudre) et la poudre pour le lave vaisselle. Pour la vaisselle à la main, j'utilise simplement un bloc de savon.
Ceci dit, j'ai fait, la semaine dernière, un shampoing sec "maison" pour l'homme et Fils, qui continuent de se laver les cheveux de cette manière. Je n'avais pas prévu de le faire, puisqu'on peut acheter du shampoing solide en vrac  la Recharge, mais en regardant mes stocks d'ingrédients cosmétiques, je me suis apperçue que j'avais du SCI (Sodium Coco Isethionate). J'avais dû acheter ça il y a longtemps, je ne me rappelle même plus pourquoi, et je ne m'en étais pas servi. Du coup, comme c'est un ingrédient nécessaire à la fabrication des shampoings solides, j'ai préféré l'utiliser plutôt que de le jeter, surtout que j'avais sous la main tout le reste des ingrédients pour faire du shampoing. Pour la recette, je me suis inspirée de la base du blog de Nouillemie, et je te la posterai dans un prochain billet.

Et voilà pour les nouvelles ! J'espère que tu vas bien, et surtout, BON COURAGE !!!

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